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Est-ce que la SCAD est vraiment rare?

Le cardiologue suisse Michael Würdinger et d’autres de ses collègues ont publié le 21/10/21 les études DISCO que beaucoup de cardiologues ont conduites, qui ont emmené à un plus grand degré de familiarité et à la sensibilisation des médecins.

Aussi, les documents de la position de la Société européenne de cardiologie et de l’American Heart Association en 2018 ont été importants pour sensibiliser par rapport à la SCAD. Cependant, les études cliniques sur la SCAD représentent encore une minorité de toutes les publications. Il faudrait donc surmonter le manque actuel de connaissances sur la SCAD.

La SCAD peut toucher beaucoup de monde

Autrefois les cardiologues pensaient que la SCAD était rare et survenait presque exclusivement chez les femmes enceintes. Mais plus de personnes sont touchées par la SCAD : majoritairement des femmes jeunes ou d’âge moyen sans facteurs de risques cardiovasculaires classiques. Cet aspect contribue probablement à un sous-diagnostic de la SCAD, car l’indice de suspicion d’une crise cardiaque est faible dans cette population. Les chercheurs disent qu’il y a plus de SCADs qu’on ne le supposait auparavant. Bien que la SCAD affecte principalement les femmes plus jeunes avec un âge moyen allant de 45 à 54 ans, la SCAD est probablement aussi une cause importante chez les femmes âgées. Les hommes également peuvent être atteints d’une SCAD.

Facteurs déclencheurs et d’autres maladies éventuellement présentes (comorbidités)

Beaucoup de patients rapportent des facteurs déclencheurs potentiels de la SCAD : un stress émotionnel (50.3%) ou physique (28.9%). Les hommes rapportent plutôt une activité physique intense, tandis que les femmes parlent plutôt d’un stress émotionnel. Ces déclencheurs augmentent probablement le risque de déchirement de la paroi de l’artère coronaire, le mécanisme commun menant à une SCAD.

Une assez grande proportion de patients ont des conditions qui semblent augmenter leur vulnérabilité à la SCAD, par exemple des artériopathies (des maladies artérielles). A peu près 31-45 % des patients qui ont eu une SCAD ont également la DFM (dysplasie fibro-musculaire). Beaucoup de personnes rapportent des migraines (32-52%). Dans de moindres mesures il peut y avoir une dépression, un trouble anxieux ou de l’hypothyroïdie.

NdlR : Les personnes avec une DFM ont rarement une SCAD.

Une partie des SCADs sont liés à la grossesse ou à la période après la naissance (5-17%). Certaines SCADs sont liées à l’administration d’hormones (10-20%). Mais les mécanismes exacts menant à la SCAD dans tous ces cas de figure, sont encore à déterminer. La plupart des patientes ont une crise cardiaque, notamment avec une très forte douleur thoracique. Mais il peut y avoir des maux de dos, de l’essoufflement, des nausées et vomissements ou de la transpiration et des vertiges.

Une minorité a des arythmies ventriculaires, un arrêt cardiaque ou un choc. Le taux de mort subite par une SCAD reste probablement sous-estimé par manque de données.

Le diagnostic

Le diagnostic se fait normalement par l’ECG, les biomarqueurs et l’angiographie coronaire reste le standard pour rechercher une SCAD. Il est intéressant de noter que probablement il y a un biomarqueur spécifique qui pourrait dans le futur éventuellement être intéressant pour le diagnostic de la SCAD. Dans ce cas l’angiographie, une méthode invasive, ne serait peut-être plus nécessaire. Mais l’angiographie a l’avantage d’être précise et donne le plus de chances de bien diagnostiquer une SCAD. Il est donc important pour les cardiologues de suivre les directives du SCA (syndrome coronarien aigu) et de ne pas sous-estimer le risque d’une crise cardiaque chez une personne qui ne semble pas être dans les groupes à risque pour une crise cardiaque. Parfois, même avec l’angiographie, on peut passer à côté d’une SCAD : certains types de SCAD sont difficilement détectables.

la SCAD guérit toute seule, souvent juste besoin de médicaments

En général la SCAD guérit toute seule en une trentaine de jours. Si possible, le chirurgien y touche le moins possible pour éviter des complications. On met des stents ou on fait d’autres interventions seulement quand c’est vraiment nécessaire.

Les données sur la gestion médicamenteuse optimale de la SCAD sont rares et souvent basées sur le jugement clinique des médecins. Il faut qu’il y ait plus de recherches sur cette gestion. Par exemple une recherche a montré que les bêta-bloquants et le contrôle optimal de l’hypertension pourraient diminuer le risque de récidive. Mais d’autres recherches doivent confirmer ces résultats.

Conseils

Proposer une thérapie de soutien complémentaire : une étude récente à a trouvé qu’une partie considérable de patients souffre d’un trouble de stress post-traumatique (28%), d’un trouble anxieux (41%) ou de dépression (32%). Donc tous les patients devraient bénéficier d’une évaluation psychiatrique après la SCAD avec, si nécessaire un traitement médical ou non-médical.

Les auteurs conseillent un suivi des patients par une équipe interdisciplinaire.

Des conseils obstétricaux 

Certaines jeunes femmes peuvent avoir le désir d’avoir des enfants. Le risque de nouvelles grossesses après SCAD est controversé. Cependant, une étude récente n’a démontré aucune augmentation de la récurrence de la SCAD pendant et après la grossesse. Mais cette étude ne considérait que peu de personnes. Par conséquent, les patientes doivent être informées des risques potentiels de récidive et d’évolution sévère de la SCAD associée à la grossesse.

Une réadaptation cardiaque 

La réadaptation cardiaque a fait débat, car l’exercice physique peut déclencher des événements SCAD. Mais la réadaptation s’est avérée sûre pour les patients souffrant de la SCAD. Elle est bénéfique physiquement et aussi émotionnellement. Les patients qui ont suivi une réadaptation ont moins d’événements cardiaques indésirables majeurs.

Le pronostic :

Les taux de survie sont significativement plus élevés chez les patients atteints de SCAD par rapport aux patients, qui sont atteints de SCA athérosclérotique. Les patients qui survivent à la phase aiguë présentent une faible mortalité à long terme. Le taux de survie à 10 ans dans la SCAD est à 92%. Le taux de mortalité à long terme est faible à la fois chez les patients traités de manière conservatrice et/ou avec une revascularisation.

Cependant, il y a un risque d’avoir des récidives. C’est pourquoi les chercheurs recommandent un suivi périodique avec une approche interdisciplinaire. Il y a des récidives dans 6% à 17% des cas. On ne trouve aucune différence significative dans le taux de récidive entre les patients traités de manière conservatrice et les patients traités par revascularisation.C’est probablement dû au fait que presque tous les événements SCAD récurrents surviennent dans d’autres artères coronaires que l’événement initial.



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