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Adrien Georges, lauréat de la bourse « Cœurs de Femmes », pour mieux comprendre la SCAD et la DFM

La Fondation Recherche cardiovasculaire a attribué sa bourse de recherche « Cœurs de Femmes » à Adrien Georges. Il est chercheur au sein de l’équipe Inserm dirigée par Nabila Bouatia-Naji au Paris Centre de Recherche Cardiovasculaire (PARCC). Son projet vise à mieux comprendre les mécanismes biologiques et génétiques impliqués dans la dissection spontanée de l’artère coronaire (SCAD) et la dysplasie fibromusculaire (DFM). Ces deux maladies vasculaires concernent majoritairement les femmes.

La fondation est née de l’engagement de Danièle Hermann, elle-même patiente, aux côtés de chercheurs et de médecins. Danièle Hermann était convaincue aussi de la nécessité de mieux prendre en compte les spécificités cardiovasculaires féminines. La fondation est placée sous l’égide de l’Institut de France. Elle soutient des projets innovants consacrés aux maladies cardiovasculaires des femmes. Malheureusement ces maladies sont encore trop souvent méconnues malgré leur impact majeur sur la santé publique.

SCAD et DFM

La SCAD et la DFM sont deux pathologies qui ont beaucoup de similarités mais aussi des différences. La SCAD est une cause importante d’infarctus du myocarde chez des femmes qui ont souvent moins de 60 ans. Elles n’ont pas ou peu de facteurs de risque cardiovasculaire classique. La SCAD survient lorsqu’une déchirure ou un saignement se produit dans la paroi d’une artère coronaire. Cela perturbe la circulation sanguine vers le muscle cardiaque. On peut alors avoir une crise cardiaque.

La DFM est une maladie des artères qui touche principalement les femmes. Comme la SCAD, elle n’est pas liée à l’athérosclérose ou à des inflammations de la paroi. Avec la DFM on a des anomalies de la paroi artérielle. La DFM peut affecter différentes artères de l’organisme, notamment les artères rénales, carotides ou vertébrales. Depuis plusieurs années, les études montrent qu’une proportion importante de patients atteints de SCAD présentent également une DFM. Il est donc possible que des mécanismes biologiques communs existent. Mais ce lien est encore mal compris.

Vers une meilleure compréhension

C’est précisément cette question qui est au cœur du projet d’Adrien Georges. Son travail vise à identifier les mécanismes moléculaires qui prédisposent certaines femmes à développer une SCAD, une DFM ou les deux pathologies. Les chercheurs s’intéressent notamment à la génétique. C’est-à-dire aux variations présentes dans notre ADN qui peuvent influencer le fonctionnement des cellules des vaisseaux sanguins.

Certaines variations génétiques pourraient modifier l’expression de gènes. On suspecte notamment les gènes impliqués dans la solidité des parois artérielles et l’organisation du tissu conjonctif. Ou bien encore les gènes qui s’occupent de la communication entre les cellules vasculaires. Ces modifications, parfois très discrètes, peuvent contribuer à fragiliser les artères. Alors ça augmente le risque de développer une DFM ou une SCAD.

En étudiant ces mécanismes à l’échelle moléculaire, l’équipe de recherche espère mieux comprendre l’origine de ces maladies et identifier de nouveaux marqueurs de risque. L’équipe espère à terme, ouvrir la voie à des approches de prévention plus personnalisées. Pour les patients concernés par la SCAD et la DFM, ces travaux représentent une avancée importante. Nous avons besoin d’une meilleure connaissance de nos pathologies encore trop peu connues et insuffisamment expliquées.

Merci à la fondation de recherche cardiovasculaire et à toute l’équipe de chercheurs qui s’occupent de la SCAD et de la DFM.

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